La dysgraphie

Définition : Ajuriaguerra qualifie de dysgraphique un enfant chez qui la qualité de l'écriture est déficiente, alors qu'aucun déficit neurologique important ou intellectuel ou psychoaffectif n'explique cette déficience. Le diagnostic de dysgraphie ne peut se poser qu'à partir de 7 ans. 

Signes d’alerte : 

Certains sont repérables dès la maternelle:

– Maladresse dans les manipulations (à l'école, à la maison), manque de coordination, de précision

– Tenue incorrecte (position face à la table, à la feuille, tenue de l'outil)

– Productions graphiques de mauvaise qualité (dessin, copie de figures, formes...)

- Manque de progrès, stagnation dans les exercices graphiques

- Désinvestissement, opposition, conduites d'évitement

– Anxiété, plainte, déception par rapport à toute activité graphique

– Désintérêt pour le dessin, le coloriage, les travaux manuels, l'art plastique... 

D'autres se repèrent plus tard:

- Ecriture peu ou pas lisible, irrégulière (taille, qualité...)

- Manque d'application, cahiers mal tenus, gommage excessif, ratures...

- Douleurs, transpiration excessive, raideurs, geste crispé

– Fatigue, lenteur persistante, régulière 

Signes associés : 

- Maladresse globale, troubles de la motricité fine

- Troubles praxiques, neuro-visuels, visuo-spatiaux et troubles de la latéralisation

- Composante psychologique (refus, anxiété, peur de l'échec...)

- On retrouve souvent ces difficultés chez les enfants à haut potentiel. 

Vers qui se tourner ? 

- Un bilan chez un ergothérapeute, un psychomotricien (altération de l'écriture, troubles spatiaux)

- Evaluer avec un orthoptiste d'éventuels troubles neuro-visuels

- En parler à un orthophoniste (si troubles syntaxiques)

- En parler à un psychologue (si répugnance à écrire) 

Ce qu’il faut faire :

- Ne pas attendre, dès le plus jeune âge, on peut aider l'enfant pour l'automatisation de son geste, sa dextérité et ses pré-requis

- Faire une évaluation précise des difficultés et du suivi nécessaire

- Dans l'attente de cette évaluation, mettre en place des aménagements au niveau scolaire tels que privilégier les réponses orales, limiter les productions d'écrits, mettre en place des photocopies...

- Mettre en lien les différents intervenants autour de l'enfant (enseignants, parents, thérapeutes), de telle sorte que la conduite à tenir soit identique pour tous

- Ne pas pénaliser l'enfant par rapport à la qualité de ses écrits, sauf si c'est la calligraphie qui est justement évaluée, diminuer alors la quantité demandée. - Ne pas arracher les feuilles mal écrites

- L'enfant ne doit pas passer ses récréations à terminer le travail non achevé dans le temps imparti

- Permettre à l'enfant d'utiliser des outils, des supports adaptés

- Si cela est nécessaire, utiliser l'ordinateur en classe (une fois que l'enfant commencera à le maîtriser), après une évaluation auprès d'un ergothérapeute

« Il n'y a pas de rééducation standard, il n'y a pas une dysgraphie, il n'y a que des enfants dysgraphiques tous différents. » 

Précodys, 2011